+ Documents, exposition collective
Présentée durant le Festival Off et la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles, l’exposition « Documents » réunit trois photographes et plasticiens : Janis Jacobs, Guillaume De Smedt et Sylvie Valem ayant bénéficiés d'un accompagnement du Lab Impulse.
Ici le titre de l’exposition s’affranchit de sa neutralité et de sa signification première pour devenir une sonde existentielle. Ici la photographie n’est plus un simple constat, mais une nécessité vitale : celle de marquer son passage et de prouver la persistance du sujet malgré les épreuves du temps et du corps. L’affirmation de sa présence au monde.
+ L'accompagnement du Lab Impulse
"Documents" est l'aboutissement d'un accompagnement mené sur plusieurs mois par Severine Gay Degrendele avec les trois photographes de l'exposition. Le travail a porté sur l'éditing de chaque série, la construction d'une narration visuelle reflétant le récit du photographe, puis sur la conception scénographique qui a été pensée comme le prolongement physique du propos de chaque auteur.
Une dernière étape avec Fabiène Gay Jacob Vial a permis à chacune et chacun de préparer la présentation orale de son travail, afin de le défendre avec clarté face au public et aux professionnels présents lors de la semaine d'ouverture des Rencontres d'Arles.
+ Dépouillée de Sylvie Valem
Dans la série Dépouillée, Sylvie Valem oppose la véracité du vivant à la négation de l’identité hospitalière. En détournant les codes de la photographie judiciaire pour épingler les preuves de l’existence via les affaires personnelles qui lui sont enlevées, elle documente la perte des marqueurs sociaux pour mieux prouver la résistance du sujet face à l’enfermement du diagnostic.
L’espace est structuré en trois parties imposant une dualité de la lecture du travail. L’épinglage brut des tirages au mur fait face à une vitrine posée au sol contenant les objets réels dont l’artiste a été dépouillée, transformant le visiteur en témoin d’un inventaire de déshumanisation du patient. Le passage au grand format avec un papier peint représentant le sujet en blouse d’hôpital, impose le corps institué comme une présence incontournable.
14 tirages lambda 13 × 18 cm, 1 papier peint 114 × 114 cm, 1 vitrine en plexiglas regroupant certains des objets photographiés.
+ Oh le plus grand péril de Guillaume De Smedt
Avec Oh, Le plus grand péril, Guillaume De Smedt traque la fracture du monde. En mettant en regard des clichés de lui-même s’effaçant dans le noir et blanc et différentes teintes de rouge avec des fragments colorés du réel où la mort semble rôder, il interroge la porosité entre sa présence et son absence à venir. Documenter devient l’unique moyen de relier les morceaux d’un ordre illusoire validant sa raison d’être au monde.
La scénographie joue sur la matérialité du rouge, couleur du principe vital autant que du péril imminent. Le parcours culmine avec un autoportrait monumental découpé en bandes verticales rappelant les rideaux d’abattoirs. Ce dispositif a été pensé pour mettre en forme les fragments recueillis par l’auteur et matérialiser la faille qu’il perçoit dans le réel. En découpant l’image, la scénographie souligne la porosité entre sa présence et son absence, elle vient appuyer le dialogue entre ses autoportraits en noir et blanc où il s’efface déjà et les fragments colorés du monde où la mort semble rôder, invisible mais omniprésente.
La salle est entièrement recouverte de couvertures de survie créant un environnement qui réfléchit 90% du rayonnement infrarouge. Ce dispositif de protection thermique vient symboliser le maintien de la chaleur vitale face au chaos. Les tirage réalisés sur du papier calque, une matière qui par sa translucidité devient la métaphore d'une double voix et donc du dialogue intérieur. Ce support permet à l’artiste de matérialiser la confrontation entre sa part obscure et sa part sensible. Au travers des 15 diptyques, la scénographie donne corps à ce dialogue intérieur créant un jeu de transparence et de résonance où chaque image cherche son double, où le dialogues peuvent alors avoir une double lecture. La vidéo, qui est un montage visuel et sonore de sa recherche scénographique, agit comme une présence « extra lucide » au cœur de ce refuge, orchestrant cette rencontre entre soi et l’autre.
2 tirages 15x15cm et 10 tirages 20x20cm, papier Bamboo Hahnemülhe 290g contrecollés sur dibond et 1 papier peint intissé découpé en bandes 200x110cm, Picto - 10 autoportraits à feuilleter, allant du gris au rouge, papier recyclé 80g, Arles Imprim’
+ Era de Janis Jacobs
Dans Era, l’exploration de Janis Jacobs montre que le document devient le théâtre d’une lutte contre « le chaos généralisé menant d’engloutir la lumière ». À travers 15 diptyques et une recherche scénographique précise, elle met en scène une confrontation entre sa part obscure et sa part sensible. En hybridant ses images avec des dialogues issus des films de Jean-Luc Godard elle documente un autoportrait en creux, une réminiscence qui interroge l’imminence d’un départ.
La salle est entièrement recouverte de couvertures de survie créant un environnement qui réfléchit 90% du rayonnement infrarouge. Ce dispositif de protection thermique vient symboliser le maintien de la chaleur vitale face au chaos. Les tirage réalisés sur du papier calque, une matière qui par sa translucidité devient la métaphore d'une double voix et donc du dialogue intérieur. Ce support permet à l’artiste de matérialiser la confrontation entre sa part obscure et sa part sensible. Au travers des 15 diptyques, la scénographie donne corps à ce dialogue intérieur créant un jeu de transparence et de résonance où chaque image cherche son double, où le dialogues peuvent alors avoir une double lecture. La vidéo, qui est un montage visuel et sonore de sa recherche scénographique, agit comme une présence « extra lucide » au cœur de ce refuge, orchestrant cette rencontre entre soi et l’autre.