Avril est un mois important pour le Festival Impulse. C’est le mois de son week-end inaugural. Après les premières semaines de monstration et les premiers retours des publics, vient celui de la rencontre avec les photographes exposés. Ils sont en France, en Italie, en Angleterre, nous sommes dans le sud, à Arles. Nous ne les avions pas encore rencontrés de visu. Leurs accompagnements se sont déroulés en distanciel, par téléphone d’abord puis via de nombreux échanges par mail. Chacun arrive chargé de ses attentes, de ses craintes ; ils sont, comme l’ont été ceux des années précédentes, un peu fébriles devant la découverte de leur proposition au mur.
Ils savaient, ils avaient travaillé, approfondi, dépassé ce qu’ils pensaient être leurs propres limites, mais devant leur travail demeure la surprise de l’amplitude qu’a pris leur récit photographique. Ils se confrontent à leur scénographie dans le contexte de la galerie, dans la juxtaposition avec les travaux des autres. C’est comme si tout ce qui les avait fait douter, hésiter, et ce qui les avait conduits au récit qu’ils offrent aujourd’hui aux publics, se révélait à eux autant qu’ils les révélaient. C’est un instant magique pour nous. Chaque fois.
C’est aussi le moment où se confirme la nécessité du travail de fond, de la pensée, de l’anticipation. Il n’est jamais inutile de revenir sur des positions, de travailler et retravailler une narration, de rejouer le sens et l’enjeu initial d’un projet. Les mots que les 22 photographes de cette 6ᵉ édition du Festival Impulse sont forts.
« Participer au festival m’a fait voir les choses différemment, je n’éditerai plus mes photos comme avant. »,
« Jamais je n’aurai osé regrouper en une seule série ce que je considérais comme plusieurs chapitres d’une même histoire. »,
« Je continuerai à employer la méthode des idées maîtresses, secondaires et de liaison, ça m’a permis de prendre du recul et de mieux choisir mes images. »,
« Avec cette méthode de catégorisation des images, j’ai pu me rendre compte que je n’avais pas sélectionné celles qui servent le mieux mon récit »,
« En dialoguant avec vous, je me suis rendu compte que ma narration était beaucoup trop dense pour être reçue par le public. »,
« En retravaillant étape par étape ma narration, je me suis rendue compte que j’y intégrais trop d’informations et qu'elle n'était pas assez lisible. »,
« Sans ce travail sur la narration, je ne me serais pas rendue compte que ce que je montrais était resté abstrait. »
Des retours qui témoignent du fait que la photographie s’inscrit dans une histoire - le récit photographique - elle-même dans la filiation de ce qu’est le photographe.
C’est pour cela que nous accordons tant d’importance à la narration et à la recherche dont elle résulte. Elle ne peut être réduite à une étape de travail, elle est le lieu où les images se révèlent et commencent réellement à parler.
La narration est l’endroit où l’image devient langage.
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Faire émerger durablement des expressions photographiques Le Lab Impulse est un espace de réflexion, d’accompagnement et de transmission dédié aux photographes qui souhaitent structurer leur démarche, affirmer leur positionnement artistique et développer des projets cohérents et durables. Né d’une connaissance fine du terrain, de l’écoute attentive des besoins des photographes et de l’expérience de l’accompagnement, le Lab Impulse propose un cadre clair et exigeant pour penser son travail, comprendre les enjeux du secteur, consolider sa posture et avancer avec autonomie et méthode.
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