Analyse du potentiel narratif de l’image – Juin 005 : Sabine Kruk

0

"Toute photographie possède une structure et une organisation qui lui est propre"

Photographie de Sabine Kruk

1. Lecture factuelle : 

Cette photographie est une photographie en couleur de format rectangulaire horizontal. 

C’est un paysage de nuit. On voit un lampadaire, le mât est haut, fin, gris clair, à son sommet une lampe éclairée. Elle diffuse une lumière chaude. Un halo se forme autour de la lampe et se diffuse en rayons lumineux. 

Derrière le lampadaire, un second mât est visible.  Il est haut, et plus fin et plus sombre que le mat du lampadaire. À son sommet, aucune source lumineuse. Il se fond dans la végétation. 

Le lampadaire est au milieu d’un environnement forestier. La végétation est dense, vert foncé. On distingue des arbres, des épineux, des arbustes et des masses de feuillages.  

Plusieurs arbres émergent de la masse végétale. 

Le ciel n’est pas visible ; il se confond avec l’obscurité. 

Le sol est en partie dégagé ; il est de couleur brune.

2. Lecture de la dynamique de l’image : 

Le mât du lampadaire constitue une ligne verticale ; elle est située dans le tiers droit de l’image. Une deuxième verticale est constituée par le second mât. Ces deux premières verticales sont parallèles. Le conifère dans le tiers gauche en constitue une troisième. Ces 3 verticales rythment l’image. Le conifère est la masse la plus importante. Son rétrécissement progressif vers le sommet crée un mouvement ascendant du regard qui dialogue avec les mâts. 

La source lumineuse est de forme ronde. Ses rayons principaux créent une oblique qui guide le regard ; l’un conduit vers le pin, donc à la dernière verticale à droite de l’image, l’autre vers la cime de l’arbre de forme arrondie située derrière le conifère de forme évasée. Cette oblique crée une notion d’élévation. 

La petite surface lumineuse contraste avec l’étendue sombre de la végétation. Cette opposition impose le point lumineux comme point de gravité de l’image. 

La surface brune du sol crée une zone visuelle intermédiaire entre le point lumineux, la verticalité et les tonalités de végétation. C’est une zone d’ancrage visuel.

La masse constituée par l’ensemble de la végétation crée plusieurs zones de tonalités différentes. À l’extrême gauche de l’image, le vert est très sombre, presque noir. Au niveau du conifère en forme évasée, les verts sont plus clairs et plus nuancés. Derrière lui, la végétation présente des verts plus doux, avec des teintes de gris anthracite sur le haut de l’image. À la frontière du sol, le feuillage est clair et lumineux. On distingue trois formes ovales plus sombres. Ces variations de vert animent l’image et lui donnent de la profondeur. Elles créent une sensation de mouvement.  

L’ensemble de la végétation est constitué d’un enchevêtrement de formes souples dont les contours dessinent une succession de lignes fluides. Cela donne à la végétation un caractère organique. 

3. Lecture narrative : 

Cette photographie parle d’un paysage naturel plongé dans l’obscurité, révélé par une source lumineuse. 

4. Fécondité de l’image : 

Cette photographie évoque le silence, l’immensité du vivant, une présence discrète, une forme d’intrigue, de mystère et de contemplation.


 

+ L’auteur de la photographie :

Sabine Kruk