Analyse du potentiel narratif de l’image – Juin 001 : Anouska Gruby

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"Toute photographie possède une structure et une organisation qui lui est propre"

Photographie d'Anouska Gruby

1. Lecture factuelle : 

La photographie est une photographie de format rectangulaire vertical. On voit un homme devant une maison, il se situe dans un jardinet où il arrose de la végétation. Il est vêtu d’un pantalon marron clair, d’une chemise bleue à manches courtes, au col relevé, et d'une ceinture marron foncé. Il porte une montre au poignet gauche ; le bracelet de montre est noir. L’homme porte des chaussures qui affleurent la cheville. Ses cheveux sont gris. Il a le teint hâlé. Il tient dans sa main droite un tuyau d’arrosage jaune qui traverse le jardinet et est dirigé vers la végétation. Sa main gauche soutient le même tuyau jaune.

Le muret du jardinet dans lequel il se trouve est de moyenne hauteur, blanc. 

On en voit uniquement deux côtés.

Le sol du jardinet est sauvage. On distingue sur la droite, au pied du muret, des herbes, des plantes, des tiges sans fleurs. Un tuteur vide de toute végétation est à proximité de morceaux de bois de type poteaux ; ils sont posés sur le mur de droite. Un autre tuteur est visible entre les jambes du personnage. 

Sur la gauche de l’image, des branches avec de petites feuilles. 

Le muret délimite une terrasse abritée par un auvent appuyé sur une poutre en bois, dont la couverture est constituée  de matériaux de couleur très sombre, noire. 

Deux colonnes de diamètre large soutiennent cet auvent. Ils sont de part et d’autre d’un mur de taille supérieure à celle du muret du jardin.  

Sur chaque colonne, une corde à linge. 

Sur la colonne de droite, du linge de grande taille de type draps, est étendu. Les linges sont noir, bleu, on distingue une parcelle d’un dernier, rouge. Tous sont tenus par des pinces métalliques. La seconde extrémité de la corde à linge de la colonne  sur la droite de l’image n’est pas visible. Elle est dans l’encadrement d’une ouverture dans la façade de la maison. 

À droite de cet encadrement, on en distingue un second dont on voit la surface vitrée. On ne distingue pas s’il s’agit d’une porte ou d’une fenêtre car il se situe derrière le linge étendu. Devant cette colonne et le mur de séparation entre les 2 espaces de la terrasse, une petite construction comportant 2 portes à lamelles. Sur l’une, une surface pleine et trois lamelles, sur l’autre une succession de lamelles. Un tuyau d’arrosage jaune et un balai serpillère à franges roses et au manche en bois y sont posés. 

Sur la gauche de l’image : adossé au muret du jardinet, un mobilier blanc sur lequel sont déposés des objets : bouteille en plastique remplie aux trois quarts, cafetière italienne en métal, grise, plante verte dense dans un pot blanc devant lequel est une petite boîte rectangulaire de couleur sombre, marron, un seau de couleur rouge avec une anse noire. Une cagette en plastique noir est posée par terre sur la droite du meuble blanc. 

Sous l’auvent, à droite de la colonne située à gauche sur l’image, on voit deux éléments de mobilier de type armoire; une étagère en bois clair semble être accrochée au mur de façade de la maison sous l’auvent. Sur cette façade, un voilage blanc est tendu. Il se situe au niveau de la colonne sur la gauche de l’image.

Une façade blanche s’élève à l’aplomb de l’auvent.  Elle n’est pas de même hauteur sur toute sa longueur : dans la partie gauche de l’image, elle est moins haute que sur la partie droite et délimite deux toitures plates situées à des hauteurs différentes. 

La jonction entre les 2 surfaces plates des toits se fait au niveau du mobilier de type armoire qui se trouve sous l’auvent. À cette jonction sont installés un mât métallique où sont fixées une antenne et une parabole.  

Au-dessus de la colonne de gauche se dessine l'arête verticale d’un mur en retrait, il se situe à l’arrière de la seconde partie du toit, plate et en escalier. Dans son prolongement apparaît un autre auvent constitué de poutres en bois clair recouvert de canisses. 

Une façade latérale blanche est perpendiculaire aux toitures en escaliers.  

Sur la surface plane supérieure, il y a un volume maçonné abîmé. 

Les façades, les murets et murs sont du même blanc mat, non uniforme avec des traces d’usure. 

Au-dessus de la maison, on voit le versant d’une montagne constituée de paliers et reliefs différents. Le premier palier (juste au-dessus du toit) est constitué d’une végétation dense et verte. On distingue des foyers de feu répartis sur plusieurs reliefs et de la fumée allant du gris clair au foncé, plus opaque. 

La crête de la montagne est visible sur toute la surface de l’image.

2. Lecture de la dynamique de l’image : 

La maison forme une masse centrale constituée de lignes horizontales : muret du jardin, dessus du mobilier sur la droite de l’image, la poutrelle de l’auvent, l’auvent lui-même, toitures plates, et de lignes verticales : colonnes, arêtes de façades, mur de séparation, angle du muret du jardin, tuyau d’arrosage. 

Un triangle est formé par l’auvent couvert de canisses et la surface plane la moins haute de la maison. La pointe de ce triangle est au bord gauche de l’image. Il est superposé au rectangle formé par l’espace entre le même bord d’image et la colonne de gauche. Les deux formes sont sombres et s’opposent au blanc des façades et toitures. 

Des fissures fines courant horizontalement sur le grand mur supérieur. Sur les façades, les traces d’usure et de salissure forment des zones grises ou brunâtres. 

Les crêtes de la montagne créent une succession de lignes obliques orientées vers la gauche de l’image, en opposition à l’oblique de l’auvent couvert de canisses. Les 2 directions constituent une zone de tension qui participe à la stabilité de l’image. 

Les foyers de feu sont au cœur des vallées entre les crêtes. Ils sont de couleur rouge, orange, jaune. Ils forment une chaîne de points lumineux sur la première oblique à gauche. Sur la droite de l'image, ils créent une masse rouge au centre de laquelle apparaît un triangle couleur or dont la pointe est orientée vers le ciel. 

La fumée forme une large bande oblique orientée vers la droite. Sa surface n’est pas uniforme. Sa plus grande partie recouvre celle de la montagne dont la crête supérieure crée une oblique orientée vers le bas et la droite de l’image. 

Au-dessus, le ciel crée une surface en « triangle » rectangle dont le côté droit est dissimulé par la masse de fumée et le coin gauche est sur le bord de l’image. 

L’ensemble de la photographie est composé de formes géométriques successives. 

L’ensemble des lignes horizontales donne assise et stabilité à cette photographie. Les masses formées par les volumes rectangulaires de la maison affirment une géométrie qui soutient ces notions d’assise et de stabilité. 

Le rapport entre la masse constituée par la montagne et celle constituée par la surface du jardin crée une géométrie qui met en exergue le personnage et la montagne.

3. Lecture narrative : 

Cette photographie parle du geste d’un homme qui arrose son jardin  vivant au pied d’une montagne, arrose son jardin. Il est le sujet de l’image.

4. Fécondité de l’image : 

Les éléments visuels de cette photographie renvoient à la Méditerranée, l’Amérique latine. 

Cette image parle de résistance, de forces naturelles (celle de l’homme et celle des incendies), de menace, de tension, de climat, de coexistence entre des mondes, d’espoir.  


 

+ L’auteur de la photographie :

Anouska Guby - @anouskaguby - www.anouskaguby.com