Analyse du potentiel narratif de l’image – Juin 002 : Ludivine Martinez

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"Toute photographie possède une structure et une organisation qui lui est propre"

Photographie de Ludivine Martinez

1. Lecture factuelle : 

La photographie est une photographie en couleur de format horizontal. Elle montre le visage d’un jeune homme en très gros plan. On ne voit pas le visage en entier. Le cadrage serré coupe le bas du visage, le menton, une partie de la joue gauche et le sommet du crâne. 

Ce visage est cadré au niveau de la lèvre supérieure, on devine la bouche mais on ne la voit pas.  

Le jeune homme a une moustache et une barbe légère, éparse, courte, noire. Le visage est marqué par des rougeurs au niveau de la joue droite et du sourcil gauche. 

Les sourcils sont épais, foncés, fortement marqués, épais à leur base.  

Le front est grand, le jeune homme est dégarni, on voit au sommet du crâne une toute petite touffe de cheveux. On voit l’oreille droite. 

Les yeux sont fixes, grands ouverts ; ils sont vert clair. Les cils sont mouillés, sur chaque paupière, une petite bande de sparadrap. 

La tête, inclinée vers la gauche, repose sur une surface souple jaune pâle, du tissu ; ce tissu  épouse le crâne et la nuque du personnage. 

Au-dessus du tissu sur lequel repose la tête, une surface blanc cassé. 

Derrière le tissu sur lequel repose la tête, une forme bleue à hauteur de l’oreille du jeune homme, un peu plus haut du même bleu une forme verticale. Le bleu est un bleu froid, pâle, peu saturé. De la même manière que la lumière douce et diffuse, il contrebalance avec les couleurs chaudes : la peau du visage, les rougeurs, le tissu jaune, et la couleur foncée des sourcils. Il est doux. 

2. Lecture de la dynamique de l’image : 

Le cadrage très serré abolit la distance entre le personnage et le regardeur.

Cette photographie est organisée autour d’une diagonale centrale qui part du coin gauche en haut de l’image jusqu’au coin droit en bas de l’image. Elle passe par le centre de l’œil gauche du personnage.

Le triangle rectangle formé par la surface blanc cassé, dont le plus large côté se situe au-dessus de la tête du personnage, impose le visage. Elle écrase le haut de l’image et contribue à aller au visage.

Une deuxième ligne oblique part de l’œil gauche du personnage et se termine dans l’extrémité du carré blanc cassé en haut à droite de l’image. Une troisième, celle des sourcils, lui est parallèle.  

Ces deux parallèles apportent une stabilité, créent une surface qui révèle la puissance du regard.  

Les deux bandes de sparadrap, claires, épousent la ligne des sourcils et participent à imposer le regard. 

Les trois obliques se croisent au niveau de l’œil droit du personnage. Cette intersection est le point de gravité de l’image. 

Le visage occupe 90% de la surface de la photographie. 

Une partie de l’image est nette (visage), l’autre est floue (partie du visage au-delà du sourcil droit, tissus et matières bleues). 

Les reflets dans les yeux et les larmes forment des points lumineux ; ils créent de petits espaces qui dialoguent avec les lignes obliques et horizontales. Ils ponctuent et attirent l’œil du regardeur. 

Les couleurs pâles, pastels créent des zones de douceur en contrepoint de la zone occupée par le visage et les éléments qui l’imposent. 

La tonalité du bleu ferme l’image sur le côté droit et crée une zone de douceur. 

La composition de cette image est un dialogue entre zones nettes et floues.

3. Lecture narrative : 

Cette photographie parle d’une personne en situation de soins ; le regard est actif et fortement présent, dit la présence.

4. Fécondité de l’image : 

Cette photographie évoque la résistance, la vulnérabilité, la fragilité, l’épreuve, le vivre.  


 

+ L’auteur de la photographie :

Ludivine Martinez - @martinezludivine_- www.ludivinemartinez.wixsite.com/photographie